Le retour des mousquetaires

les mousquetaires ont frappé fort le dimanche et lundi soir ou fronton

enfants ravis, adultes fascinés, les soldats du roi ont conquis plus de 1000 spectateurs.

Un pour tous, et tous pour un... Et tous pour Barétous ! En adaptant à la sauce Barétounaise la célèbre devise des mousquetaires popularisés par Alexandre Dumas, les épatants escrimeurs de la troupe de Neuilly Les Lames sur Seine ont manifesté leur joie de se produire sur les terres d'origine des Mousquetaires. Rappelons en effet que si D'Artagnan était Albigeois, Aramis vient réellement d'Aramits, Porthos est bien né à Pau avant de finir sa vie à Lanne en Barétous, tandis que Athos a vécu dans la région de Sauveterrese Béarn.

Avec les représentations de dimanche et lundi soir montant municipal d'Arette, c'est donc d'un véritable retour au pays qu'il s'agissait pour des héros historiques et littéraires qui ont fait le tour du monde.

Duels sans protections

un retour plus que gagnants puisque les impressionnants et magnifiques duels réalisés sans protection (et sansblessés !) ont littéralement conquis plus de 1000 spectateurs sur deux soirs. Il fallait voir les yeux des nombreux enfants présents briller au rythme des croisements de fer merveilleusement chorégraphiés, mais aussi ceux des parents revivant les plus beaux instants des films de cape et d'épée d'antan.

Mais les performances étaient aussi au menu des premières parties. Dimanche soir, le bûcheron au José Vicondoa a battu son propre record du monde de découpe de troncs sur échasses. Et lundi, la troupe des Sentiers de l'Histoire à livré quelques extraits de son spectacle "Fanfan la Tulipe".

Avec une mention spéciale pour le régiment du Béarn dont la démonstration de tir (en direction du public) en a fait sursauter plus d'un. A l'arrivée, un vrai spectacle populaire dans le plus beau sens du terme et qui plus est, dans le cadre magnifique que constitue le pittoresque écrin de verdure surmontant le fronton d'Arette.

Un succès qui ne pouvait le ravir le maire Pierre Casabonne: c'est une chance pour un village comme le nôtre de pouvoir accueillir un spectacle d'une telle qualité ! Une chance favorisée par une rencontre, il y a deux ans dans le cadre de l'émission de télévision "Des racines et des ailes" dont un numéro avait été consacré à l'oeuvre d'Alexandre Dumas ou moment de sa Panthéonisation.

C'est là que les contacts se sont noués, et notamment entre Michel Olivier, le maître d'armes des Lames sur Seine et un certain Pierre Bouillon, incontournable président de l'association des Mousquetaires de Béarn et de Gascogne. "On s'est aperçu que l'on se complètait, explique l'intéressé. Nous ne savons pas manier l'épée, mais nous savons parler des Mousquetaires". Premiers fruits de cette collaboration, quatre locaux, membres de la confrérie des Mousquetaires (Pierre Bouillon, Michel Berger, Cyril Casenave, et Jean Annick Charles) ont tenu de petits rôles sur la scène d'Arette.

Un sons et lumière à La Mouline ?

Mais cette fusion de compétences ne devrait pas s'arrêter là, bien au contraire, même, si l'on croit Pierre Casabonne : « il y a quelque chose à mettre en marche. Si un territoire n'est pas capable de raconter son histoire, c'est qu'il y a un manque quelque part ». Le spectacle de ce week-end est un premier pas. Mais le premier magistrat avoir encore plus grand : « voilà deux ou trois ans que l'on tourne autour d'un sons et lumières. Et nous avions lorgné du côté de Stéphane qui a joué d'Artagnan Gavarnie, chevaux compris».

Le lieu est tout trouvé : le site de La Mouline, cadre improbable de la "montée impossible" (moto). Voilà un défi taillé sur mesure pour le pays des Mousquetaires.

Éric Bély, La République des Pyrénées, Mercredi 16 Août 2006.