Arette, Novembre 1998

 

L’Association des mousquetaires du Barétous a intronisé dans sa confrérie à Arette,

devant plus de 150 personnes, trois nouveaux:

un anthropologue, un cascadeur et un historien

 

  La salle des fêtes d’Arette était comble: plus de 150 personnes avaient pris place au pied de la scène pour voir Pierre Casabonne introniser trois non veaux membres dans la confrérie des Mousquetaires du Barétous. Une cérémonie traditionnelle, rituelle même, avec tous les apparats de ce type de manifestation, les membres de la confrérie étant revêtus de la cape de ce corps d’arme, L’occasion aussi d’entendre de beaux discours puisqu’un hommage a été rendu par la voix de Pierre Casabonne à chacun des trois nouveaux mousquetaires. Pour le plus grand bonheur du public.

 

L’ANTHROPOLOGUE

  Le premier des “intronisés” était Jean-Jacques Cazaurang,. Anthropologue natif d’Issor en 1915. Difficile de raconter la vie de cet homme tant elle est riche. Et pourtant, Pierre Casabonne s’y est essayé. ‘Avec bonheur' vous diront les spectateurs. Jean-Jacques Cazanrang est très tôt orphelin de père. À 23 ans, il devient commissaire de police. Il organisera une exposition sur le 150e anniversaire du siège le Saragosse par l’année napoléonienne. Un premier pas vers l’anhropologie. En 1958, il déjoue les plans des parachutistes de Pau qui comptaient rejoindre Paris lors du putsh d’Alger. Pour cela, il est fait chevalier de la légion d’honneur ; il terminera sa carrière comme chargé de mission au ministère de la culture. “En 1971, une nouvelle vie commence : la retraite ” Il est élu marie d’Issor. Et se lance dans l’anthropologie. Il publiera notamment “Pyrénées françaises ” et “ Pasteur et paysans béarnais ”. Le musée béarnais, celui d’Arette et celui de Laàs doivent beaucoup à ses dons. Et Pierre Casabonne de conclure :“ qu'il me soit permis de vous dire toute la gratitude d’une jeunesse qui sait que, sans racine, il n'y a pas d’avenir ”.

 

LE CASCADEUR

  Tout prédestinait ensuite Jean-François Demanges à faire partie de la confrérie. Ce Parisien d’origine, né en 1950, a d’abord été conseiller historique pour le cinéma, Puis il devient cascadeur, acteur et régleur de duel. “ Vouloir évoquer ta carrière, a expliqué le maître de cérémonie, revient à se lancer dans une thèse sur la réincarnation tant les rôles qui t’ont été proposés jusqu’ici sont pour le moins à risques et des plus éphémères ”. En effet, comme cascadeur,Jean-François Demanges, est mort souvent, très souvent, en soldat français pendant la guerre de Cent ans, en agent du FBI, etc. il meurt plus de 40 fois dans le feuilleton “ Guillaume Tell ”! Au total, une vingtaine de films tournés, et, en cascades diverses, plus de 40 tabourets cassés sur sa tète.

 

L’HISTORIEN

  Le dernier mousquetaire intronisé ne joue pas de l’épée, mais du stylo et de l’archive. Puisqu’il est historien. Il l’a d’ailleurs prouvé en faisant avant la cérémonie une conférence sur la naissance du soldat moderne. Christian Despiat, né en 1942, professeur agrégé titulaire d’un doctorat d’Etat, a plus de diplômes que tout le Béarn a compté de mousquetaires Il s’intéresse à l’histoire moderne et écrit 16 ouvrages en solo et 21 en collaboration. Un tel CV s’appelle, dans la bouche de Pierre Casabonne “ un parcours chevaleresque, j’allais dire mousquetaire”. C’est peut-être pour cela que Christian Desplat, en hommage à la confrérie, a promis samedi soir d’écrire l’histoire des mousquetaires, un peu la sienne, donc.

 

DAVID PATSOURIS