La République - lundi 15 Novembre 1999

 

Princes du Dakar et Mousquetaires

  Il y a loin des sables du désert aux vertes collines du Barétous. Loin, aussi, des berges de la Seine ou du Rocher de la Principauté aux rives du Vert. Et quand bien même on sait que les kilomètres ne les effraient pas, cela donne toute la mesure de ce qui s’est noué, samedi, en fin de journée, entre Arette et Aramits, avec Hubert Auriol et Jean-Louis Schlesser pour complices deux princes du Dakar venus, en toute simplicité, ajouter leur nom à la longue liste des “intronisés” de la Confrérie des Mousquetaires.

 

  Une confrérie née il y a dix ans - comme le temps passe ! - et qui fêtait donc, comme chaque fois - c’est-à-dire avec chaleur et bonhomie – son onzième chapitre. Une Compagnie, créée pour prolonger l’élan et l’esprit de la course Arette- La Pierre Saint-Martin, pour perpétuer aussi, au pays de référence, les valeurs des Mousquetaires de l’histoire et de la légende et qui peut s’enorgueillir d’avoir accueilli en son sein Jean-Claude Killy, Haroun Tazzief, bien d’autres champions encore - parmi ceux que côtoyait Nelson Paiilou – et des personnalités de tous horizons. Auriol et Schlesser au premier rang... On l’aura compris ce chapitre-là était consacré à la course automobile. Et les deux champions du désert étaient donc accompagnés de trois pilotes de la région - David Castera, Anicet Garicoix et Jean-Michel Prat - enfin de Rémy Pinos, directeur des caves de Bellocq dont la présence rappelait que tout cela se joue pour la renommée d’un pays de Cocagne.

 

 

Fête du terroir

  Pour la circonstance, les Chevaliers de la brouette gourmande de Laàs - avec Jacques Pedehontaa -, la Viguerie royale de Febus - avec Bemard Maubayou -,la Jurade de Bellocq -avec Claude Pehau - la Garburade d'Oloron - avec Fernand Pon - la Confrérie du saumon de Navarrenx - avec Lucien Saure - celle de l’Agneau de lait des Pyrénées (qui fêtera son dixième anniversaire le 28 novembre à Tardets - avec Milou Castan - celle du Cochon d’Asasp - avec Roland Lapeme - enfin les Amis du Chai de Ledeuix étaient venus, en costume d’apparat, participer à cette fête du terroir et de la tradition.

 

  Tradition respectée, sur la scène dressée salle polyvalente d'Arette où Jean-François Demange, Pierre Casabonne et Pierre Bouillon, tunique écarlate et verbe haut, accueillirent, dans les formes, et jusqu’à la dégustation du fromage et de l’armagnac, les six impétrants.  L’occasion de saluer Rémy Pinos, “le pyrénéen”, chef d’entreprise et sportif; Jean-Michel Prat, “Abdoui dAgnos”, qui réalise ses rêves d’adolescent en affrontant le désert; Anicet Garicoix, d’Alçay, champion de France des rallyes tout-terrain qui aspire aujourd’hui à devenir pilote professionnel et qui en a, on l’a dit, tous les moyens; David Castera, un autre passionné du Dakar, héritier d’une longue tradition familiale...

 

 

“Une affaire d’hommes”

  Vinrent Hubert Auriol puis Jean-Louis Schlesser dont les palmarès auraient pu, à eux seuls, mériter tout un chapitre. Deux authentiques champions du sport automobile qui apparurent tels qu’en eux-mêmes une carrière accomplie les a forgés. Jean-Louis Schlesser, tout heureux de rendre à “ceux qui nous suivent avec passion un peu de ce que nous éprouvons” Hubert Auriol, aux côtés de complices de longue date – la famille Castera - qui n’avait pas hésité à revenir dans ce pays où il n’a jamais participé - c’était dans les années 80 - qu’aux 24 heures de Mauléon, mais qu’il connaît bien. Pas assez, cependant pour avoir su qu’il fut le berceau des Mousquetaires.

 

  Mousquetaires comme ceux auxquels il se référait du temps de son adolescence et dont il retrouve l’esprit parmi bien des concurrents du Dakar. “Ce rallye, c’est d’abord une affaire d’hommes; et les valeurs qui guident la plupart des concurrents ne sont pas éloignées de celles de d’Artagnan, Athos, Porthos et Ararmis...”  On sait aujourd’hui, du côté du Barétous, qu’elles sont un viatique pour des aventures plus prosaïques que celles du désert, quand bien même elles se conjuguent avec pompe et circonstances. Monaco-Biarritz et Paris-Pau, en avion, pour le plaisir - et le plaisir seulement -de participer à une cérémonie toute simple et de partager, le soir venu, du côté d Aramits, un repas et des chansons.

 

Et à ce jeu, nous dit-on,Hubert Auriol ne manqua pas de panache, donnant a la notion d’aubade toute sa dimension, il était cinq heures du matin lorsqu’il abandonna ses hôtes...