Arette, Novembre 1991

 

Les Spéléos en tête de chapitre

Week-end exceptionnel à Arette avec le troisième chapitre de la Confrérie des Mousquetaires

qui recevait Haroun Tazieff en invité-vedette

 

  Les Mousquetaires d’Arette ont fêté avec panache le troisième chapitre de leur confrérie. Cette année, pendant deux jours, ils avaient décidé de rendre honneur à trois personnalités du monde scientifique. Si l'aura médiatique d’Haroun Tazieff est très importante, les deux autres présidents d’honneur étaient, eux aussi, très attendus. Georges Lépineux, une des figures mythiques du gouffre de la Pierre-Saint-Martin, et Jean-François Pernette, le tout jeune directeur de la Commission nationale des expéditions spéléologiques françaises étaient également intronisés dans la confrérie par le grand maître Jean-Marie Lonne-Peyret.

 

  Durant cette soirée, rien n’avait été laissé au hasard : intervenants filmés retransmis sur écran géant, effets de son et lumière.., près de quinze jours de travail acharné pour les passionnés de l’ASB athlétisme.

 

  Après l’ouverture de la soirée par les enfants déguisés et l’historique de la découverte des trésors souterrains de la Pierre, le moment le plus émouvant fut l’évocation des spéléologues disparus dans le gouffre. Six noms qui sonnaient comme une litanie : Marcel Loubens (1952), Félix Ruiz de Arcaute(1971), Francis Zamora (1976), Stéphane Rarasidis, le jour de ses 18 ans(1982), Jiri Kubalec (1985) et Frédéric Hammel (1988). Haroun Tazieff, qui faisait partie des spéléos découvreurs de la Pierre, avouait même qu’il n’avait jamais osé revenir à Arette depuis le terrible accident qui avait coûté la vie à Marcel Loubens dans le puits Lépineux, en 1952.

 

  Au cours de la soirée, cinq autres personnes étaient intronisées : Jacques Labeyrie, physicien et vulcanologue; Miehel Douat, président de l’ARSIP qui gère le massif de la Pierre, et deux coureurs méritants de la Nelson-Paillou, Jean-Pierre Anciart et René Livret, 88 ans. Ces deux derniers ont eu l’honneur d’être récompensés par Nelson Paillou lui-même.

 

RISQUES SISMIQUES

  La deuxième partie de ce troisième chapitre se déroulait hier après-midi avec une conférence d’Haroun Tazieff sur les risques sismiques. Il était d’ailleurs difficile de trouver auditoire plus captivé. Tous avaient encore en mémoire cette date du 13 août 1967 qui a vu le village d’Arette complètement détruit par un tremblement de terre. “En matière de séismes, il existe trois solutions, insistait-il : construire des bâtiments antisismiques qui engagent un surcoût négligeable, organiser les secours en cas de grande catastrophe et utiliser le système de prévention grec VAN qui se sert du faible courant électrique précédant les secousses pour les prévenir”.

 

  A noter que durant ce débat, Jacques Labeyrie, éminent vulcanologue, est également intervenu. En tout cas, deux journées bien remplies pour les organisateurs de ce troisième chapitre qui ont déjà des projets pour les deux prochaines éditions…

 

Frédéric Laharie