Sur les traces des

Mousquetaires

Béarnais

 

Document des Mousquetaires de Béarn et de Gascogne

 D‘après un texte d’André LASSARGUE

 

 

 

Quelle fut la véritable personnalité de M. de Tréville, le capitaine-lieutenant de la compagnie des mousquetaires et celle d’Aramis, Athos et Porthos,

liés a leur capitaine par des liens de parenté ? Il faut bien reconnaître que, de ces quatre hommes, un seul, M de Tréville répond « Présent ! » à notre appel. Lui seul a une réalité physique, un curriculum vitae précis, nourri. De tous les personnages de Dumas il est celui qui a été le moins”inventé”.

 

Quant a Athos, Porthos et Aramis. Ils ne sont que des noms, à peine des ombres. On ne sait à peu près rien d’eux, simplement qu’ils ont existé.

En tout cas ils n’ont rien de commun avec les personnages truculents imaginés par Dumas. On le regrettera.

Mais peut-être le mystère qui les enveloppe rendra-t-il plus émouvant la recherche des traces qu’ils ont pu laisser aux lieux mêmes de leurs origines.

 

 

 

M. DE  TREVILLE

 

Parti de bas et, par sa valeur, S’étant hissé à ce pinacle que constituait alors le commandement des mousquetaires, Jean Armand du Peyrer. Comte de Troisvilles, a été, durant deux décades, I’exemple fascinant que chaque coquelet béarnais ou gascon s’est jure d’imiter. Pourtant, comme Artagnan, Athos et Porthos, ce personnage de cape et d’épée n’était pas de souche noble. Lui aussi descendait de pacifiques bourgeois enrichis, dont la fortune allait ouvrir à leur progéniture l’accès au noble métier des armes.    De père en fils les « du Peyrer »“ avaient exercé le métier de maçon a Saucède (à huit kilomètres au nord-ouest d’Oloron), d’où le nom de Peyrer, de peyre (pierre en béarnais ou gascon) donne à ces manieurs de moellons.

Or, au début du XVI0 siècle, voilà qu’émerge un de ces artisans. C’est Peyroton du Peyrer “mestre dobres deu Rey de Béarn” et non plus simple maçon. Il quitte Saucède pour Oloron et il se dit bourgeois. Il sera l’arrière-grand-père de M. De Tréville.

      

Il eut pour fils Bertrand, marchand à Oloron qui devait être le grand-père de Tréville.

Ce Bertrand eut trois fils dont le second, Jean du Peyrer nous intéresse seul ici. Jean du Peyrer, marchand lui aussi a Oloron, épouse en secondes noces, le 12 octobre 1597, Marie d’Aramitz, fille de noble Pierre d’Aramitz, capitaine protestant, et de Marie de Sauguis. De ce mariage naissent trois enfants dont Jean Armand du Peyrer, notre héros ; ils seront élevés, comme le père, dans la religion catholique alors que leur mère, Marie d’Aramitz,  restera fidèlement attachée au culte réformé.

 

Mais à la procréation du futur capitaine des mousquetaires ne se borne pas la contribution historique de Jean du Peyrer.

C’est lui qui introduit aussi dans la famille le nom noble de Trois-villes ou Tréville. En 1607 il achète, en effet, près de Sauguis, dans la vallée basque de Soule, le domaine de Troisvilles (Eliçabia et Casama­jor) qui lui donne la noblesse, car, en pays basque, la noblesse s’attache à la terre. Et c’est ainsi qu’il acquiert le droit de s’estimer gentilhomme et de siéger parmi les gentilshommes du vicomte de la Soule.

 

Tel a été le cheminement des « du Peyrer » de l’ancêtre Peyroton jusqu’au jeune cadet prêt à prendre son vol. Un cheminement en quatre étapes, curieusement analogue à celui des « de Batz de Castelmore »“, depuis l’arrière-grand-père Arnaud jusqu’à la floraison des mousque­taires même origine artisane et marchande, même achat de biens nobles, enfin même mariage avec une jeune fille d’authentique noblesse.

 

Comment fut élevé le jeune Jean Armand né à Oloron en 1598 ? Sans doute comme le sera le campagnard Charles de Batz. C’est à dire qu’il eut surtout a apprendre le français pour pouvoir s’élancer hors du Béarn et l’escrime pour s’ouvrir un chemin.

 

En 1616, ayant dix-sept ans, et renonçant au négoce pour les armes Il part pour Paris et s’engage comme cadet-gentilhomme dans les Gardes, ce qui prouve qu’il avait été nanti de bonnes recommandations. Des lors, de Soissons, où il reçoit le baptême du feu, il va de siège en siège: Caen, , St Jean-d’Angély, Clairac, toujours prêt à payer de sa personne, toujours brûlant de se distinguer. Et c’est ainsi qu’au siège de Montauban, en 1621, il est présenté à Louis XIII, ce que Bassompierre raconte en ces termes :

 

“Tréville, gentilhomme basque qui portait le mousquet à la compa­gnie colonelle, s’y signala fort. Je demandai au Roi et eus pour lui une enseigne au régiment de Navarre. Mais comme je le menais à Piquecos (quartier-général) pour remercier le Roi, il la refusa, disant qu’il n’aban­donnerait pas le régiment des Gardes où il était depuis quatre ans. Et que si Sa Majesté l’avait juge digne d’une enseigne de Navarre, il ferait si bien a l’avenir qu’il en mériterait et l’obligerait de lui en donner une dans son régiment des Gardes “.

 

Effectivement, Tréville devait obtenir cette enseigne aux Gardes l’année suivante.

Enfin, trois ans plus tard. en 1625, après avoir pris une part brillante aux sièges de St Antonin et de Montpellier, il se voit nommer cornette de la compagnie des Mousquetaires.

 

Cette compagnie de la garde du Roi avait été constituée, en 1622, avec la compagnie des carabins que l’on avait armée de mousquets. Le Roi s’en était réservé le commandement, comme capitaine, mais il se faisait suppléer par un capitaine-lieutenant qui, en fait, était le véritable capitaine.

Et c’est comme mousquetaire que Tréville prend part au siège de La Rochelle, de 1627 à 1628, où il est blessé. L’année suivante, à l’affaire du Pas de Suze, il attaque avec une telle fougue qu’il est sur le point de prendre le Duc de Savoie lui-même, lorsqu’un officier de ce dernier se jette devant le Duc pour le couvrir de son corps. Tréville se débarrasse de cet officier en le blessant mais, entre temps, le Duc de Savoie s’est enfui.

 

 

 

      1630 voit Tréville aux sièges de Privas et d’Alais, puis en Savoie. En 1632, en Lorraine, il culbute deux régiments de telle manière que le roi Louis XIII, transporté, décide de le nommer au plus tôt capitaine-lieutenant des mousquetaires. Ce qu’il fait, en 1634, après la prise de Nancy où Tréville se distingue encore.

Le voilà donc pourvu, à trente-cinq ans, de l’une des charges les plus enviées, valant 200 000 livres, somme énorme, et rapportant de plus annuellement 16 800 livres. Une charge que le mince cadet béarnais ne doit quà son exceptionnelle intrépidité le Roi ne jure que par lui.

Peu après il est nommé maréchal de camp, tout en conservant le commandement des mousquetaires.

Maintenant il culmine; alors il juge le moment venu de s’assurer une descendance et d’agrandir son domaine. En 1637, il se marie avec Anne de Guillon des Essarts, dont le frère sera le capitaine de d’Artagnan aux Gardes.

Il agrandit son domaine de Troisvilles en y ajoutant la baronnie de Montory et les villages de Haux. Laguinge, Restoue et Athérey. Ce n’est pas tout: il achète la seigneurie de Peyre en St Sever, non sans intention car cela lui donne l’occasion de transformer son nom en substituant le noble “de Peyre” au “du Peyrer” qui sentait encore sa roture. Un reniement qui était une faiblesse Mais que ne fait point faire, même à un brave, la vanité de s’affirmer noble de pur sang! Et c’est ainsi que Jean Armand du Peyrer devient Armand Jean de Peyrer, seigneur de Troisvilles et de Peyrer, baron de Montory.

 

 

Bref répit. Avant que les sièges ne recommencent. Déjà en 1637, Ivoy, St Omer en 1638, Hesdin, en 1639. Au printemps 1640, Tréville voit se présenter à lui un jeune gascon, Charles de Batz Castelmore, dit d’Artagnan, il lui fait accorder une place de cadet aux Gardes.

Puis Tréville part au siège d Arras. En 1641 il est devant Aire; en 1642 en Roussillon, a la prise de Collioure et de Perpignan.

Et c’est alors qu’éclate l’affaire de Cinq-Mars et de Thou. Louis XIII, on le sait, n’aimait pas Richelieu, mais il ne pouvait s’en passer. Tout au Roi, Tréville en partageait les sentiments, c’est à dire qu’il détestait le Cardinal. Connaissant cette aversion, Cinq-Mars, qui complote contre Richelieu, vient sonder Tréville. Celui-ci lui répond qu’il ne s’est jamais mêlé d’assassiner personne. Toutefois il laisse entendre que si le Roi en juge ainsi, il obéira.

 

Mis au courant, Louis XIII reste silencieux. Mais Richelieu découvre le complot et fait exécuter Cinq-Mars et de Thou. Il n’a pu impliquer Tréville dans la trame, mais comme il sait que ce dernier n’attendait qu’un ordre du Roi, il ne peut tolérer un pareil adversaire auprès du Souverain. Il exige donc l’exil immédiat de Tréville. Le Roi cède.

 

Le 1er décembre 1642, Tréville se retire chez l’abbé de l’abbaye de Montiérender, son beau-frère. Pas pour longtemps. Car, trois jours après, le 4 décembre, Richelieu meurt. Aussitôt le Roi rappelle le fidèle Tréville et lui rend les mousquetaires. Hélas!! Quelques mois plus tard, le 14 mai 1643, Louis XIII meurt  son tour.

 

Tréville perd son chef aimé et son protecteur: un désastre ! Pourtant Anne d’Autriche, régente, pour récompenser le fidèle servi­teur de son mari, érige Troisvilles en comté, en 1643.

Mais, entre le capitaine des mousquetaires et le nouveau ministre Mazarin, ne tarde pas à s’établir un état de sourde animosité. Aussi, en 1646, ne parvenant pas à obtenir de Tréville qu’il cède de bon gré sa charge, que Mazarin voudrait attribuer à son neveu Mancini, le ministre fait-il dissoudre la compagnie des mousquetaires.

 

La carrière de Tréville est terminée il n’a pas quarante-sept ans. Un coup terrible pour un chef dans la force de l’âge.

Dès lors Tréville va se cantonner dans une résistance passive très digne, refusant les compensations que lui offre Mazarin et restant sourd aux appels de la fronde. Une résistance qui, durant dix ans, empêchera Mazarin de reconstituer la compagnie au profit de son neveu.

Finalement Tréville devait accepter le gouvernement de Foix. Désormais il allait se consacrer surtout à Troisvilles, faisant construire le château actuel et agrandissant sa seigneurie de la baronnie de Tardets.

En 1667 il était nommé lieutenant-général. Ce n’était guère qu’un grade honoraire. Car le bouillant guerrier, réduit au théâtre d’action de la Soule, se voyait contraint à y dépenser, en invraisemblables procès, le restant de sa combativité. Exaspérés par ses prétentions. Les Souletins finirent d’ailleurs par se révolter sous la conduite de la cure de Moncayolle. L’affaire finit mal pour les insurgés qui furent décimés et perdirent leur chef Matalas, près de Mauléon, lors de l’assaut de Chéraute où ils s’étaient rassemblés.

Le 8 mai 1672. Un an avant la mort de d’Artagnan, il décédait a Troisvilles, à l’âge de soixante-treize ans et son corps était enseveli le lendemain dans l’église toute proche du château.

Il laissait deux fils. Plus attiré par la vie monastique que par celle des camps, l’ainé était entré de bonne heure dans les ordres. Il devait devenir abbé de l’abbaye de Montiérender où il laissa d’ailleurs à sa mort, en 1700, une succession obérée par les facilités de son existence monastique.

 

Du second, auquel il fit donner la cornette des mousquetaires. Tréville eut voulu faire, à son image, un brillant soldat. Mais quoique le jeune homme se soit conduit avec valeur en certaines circonstances. En particulier à Candie où il fut blessé, il ne manifesta guère de goût pour l’armée et préféra se consacrer aux lettres et aux arts. C’était d’ailleurs un esprit très cultivé. Il mourut à Paris en 1708, à l’âge de soixante six ans, sans postérité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Construit entre 1660 et1663, sur l’emplacement de la maison noble d’Elissabé à Trois-Villes, le château du Comte de Tréville est très inspiré de l’architecture de l’île de France et semble avoir été dessiné par Mansard (1598-1666), ou l’un de ses disciples. Propriété de la famille DAndurain, le domaine de l’ancien Capitaine-Lieutenant des Mousquetaires du Roi est remarquablement  entretenu, et peut se visiter  en  été, ou sur rendez-vous.

 

 

 

 

 

 

 

ATHOS

 

Le comte de La Fère, le père du vicomte de Bragelonne. Le mari de Milady, le mousquetaire un peu olympien imaginé par Dumas, n’a été en réalité, en la personne de Sillègue dAthos d’Autebielle, que le mince cadet béarnais d’une famille de Sillègue gravitant autour de Sauveterre-de-Béarn. Le premier des Sillègue, que l’on connaît est Tamonet, dit dans un acte, « Seigneur de la maison de Sillègue » ce qui ne doit pas nous abuser. Il a eu pour fils Peyroton, marchand, qui sera l’arrière-grand-père du mousquetaire.

Tamonet et Peyroton font des affaires en commun. En 1553, ils achetè­rent la terre d’Autebielle, tout près de Sauveterre. En 1555, ils acquièrent les rentes ci les revenus de la maison et salle de Cassaber et. en 1557, “leur maison, gentillesse et salle d’Athos. avec actions, fiefs, honneurs. justpatronat du rectorat”.

C’est Peyroton qui semble avoir été le véritable fondateur de la seigneurie de la famille puisque c’est lui, en réalité, qui acquiert Athos et Autebielle, aussi sera-t-il qualifié de noble Peyroton de Sillègue, seigneur d’Athos de la salle de Cassaber et d’Autebielle. Et en 1597, il se verra même donner du « monseigneur ». Jusque là, une fois de plus, les écus, non les armes, auront été les agents de cette ascension.

 

Peyroton s’est marie deux fois. De son premier mariage il a eu un fils, Bertrand, et du second mariage, trois enfants Mais ces derniers ne nous intéressent pas ici.

Bertrand de Sillègue, seigneur d’Athos et d’Autebielle (grand-père du mousquetaire) marié a noble Catherine de Monein, a eu un fils, Adrien.

Cet Adrien de Sillègue seigneur d’Athos et d’Autebielle, épouse N.du Peyrer, marchand a Oloron (donc de la famille de Tréville). De ce mariage naissent deux fils Jean et Armand.

C’est cet Armand de Sillègue d’Athos et d’Autebielle qui devait être le mousquetaire universellement connu sous le nom d’Athos. Cadet, que pouvait-il faire, puisque à son aîné reviendraient les seigneuries d’Athos et dAutebielle, sinon entrer dans l’armée ou dans les ordres ? Neveu de Tréville à la mode de Bretagne, Armand de Sillègue a dû a cette qualité et probablement aussi a ses talents d’escrimeur, d’être accepté dans la compagnie des mousquetaires en 1640, après un passage préalable dans les Gardes.

 

Hélas ! De lui ne devait subsister que la seule mention suivante, figurant au registre des décès de l’égtise St-Sulpice a la date du 21 décembre 1643 “Convoy, service et enterrement du deffunct Armand, Athos dautebielle mousquetaire de la garde du Roi, gentilhomme de Béarn. pris proche la halle du Pré au Clercs’’.

L’église pouvait-elle dire, en ces temps d’interdiction des duels, qu’Athos avait péri dans un duel au Pré au Clerc, lieu ordinaire de ces rencontres et avait été ramassé sur le terrain ? Non, certes ce n’est que trop clair. Et l’on imagine derrière le convoi, Tréville et les mousquetaires, peut être d’Artagnan, sourcils froncés, ne pensant qu’à venger le disparu.

Ainsi pour nous, tout ce qui est resté du véritable Athos, ce sont ces quelques lignes. C’est à dire l’image d’un gisant abandonné sur l’herbe ensanglantée! Ce n’est que dans Dumas que l’épée d’Athos était perpé­tuellement invincible.

 

 

 

PORTHOS

 

En réalité il s’appelait Portau. Isaac de Portau ou du Pourtau Mais Courtilz de Sandras, suivi en cela par Dumas, a jugé que Porthos, rimant avec Athos, sonnait mieux que Portau. Un peu court. Ces Portau d’après Jaurgain, étaient originaires de Gan près de Pau. Le père d’Isaac, était secrétaire du Roi et des états de Navarre et notaire gênerai du Béarn un personnage important. Il acheta des seigneuries et se fit anoblir.

Il se maria en secondes noces avec Anne d’Arrac de Gan, fille d’un ministre protestant. Anne fut assistée par le lieutenant-général du Roi en Béarn, Nompar de Caumont, seigneur de La Force, dont Isaac devait être l’homme de confiance.

Ceci semble indiquer que les Portau. Patronnés par La Force, étaient de fervents protestants. De ce manage naquirent trois enfants. Jean. Isaac et Jeanne.

 

 

C’est le puîné. Isaac de Portau. Né à Pau le 2 Février 1617, qui devait être le Porthos légendaire Cadet, comme Athos, il se dirigea vers l’armée Comme ce dernier, il commença par entrer, en qualité de cadet-gentilhomme, dans les Gardes Françaises, compagnie des Essarts, le beau-frère de Tréville, ce qui est significatif. Il se trouvait donc dans cette compagnie lorsque d’Artagnan y entra a son tour en 1640 et ils firent ainsi campagne ensemble jusqu’en 1643, date a laquelle Portau passa aux mousquetaires, donc l’année même de la mort d’Athos.

Combien de temps y resta-t-il ? On ne le sait. Après cette date de 1643 on ignore à peu près tout de la carrière et de la vie d’Isaac de Portau, dont le frère Jean aurait été gouverneur de la place de Navarrenx. Il faut donc, s’en remettre à la tradition qui lui attribue une gentilhommière de Lanne-en-Baretous, pour évoquer son souvenir.

 

 

Il n’y a donc rien de commun entre le Portau de la réalité, le garde et le mousquetaire qui partagea à un moment donné la vie militaire de d’Artagnan et le Porthos de Dumas. Le baron de Bracieux et de Pierrefonds, fort comme un éléphant mais court d’esprit et naïvement vaniteux, qui s’est vu prêter l’histoire du baudrier doré de Besmaux.

 

La légende attribue ce manoir de Lanne en Barétous à Porthos. Les archives nous apprennent que c’est son neveu Jacques Domecq qui y vécut après s’être marié en 1667 avec Marie d’Abbadie, fille de l’abbé laïque du village.

 

 

 

 

 

 

ARAMIS

Il s’appelait Henry d’Aramitz. Mais il ne fut ni le chevalier d’Herblay, ni l’évêque de Vannes, ni le duc d’Alaméda, ni le général des jésuites, ni l’étrange mousquetaire, hermaphrodite de soldat et d’ecclésiastique, qu’Alexandre Dumas a mis en scène.

Henri d’Aramitz, simplement écuyer et quoique peut-être protestant, était pourtant abbé, mais seulement abbé laïque d’Aramits en Baretous . C’est a dire qu’il se bornait a percevoir les dîmes, sans rien avoir a faire avec le culte.

A la différence des autres mousquetaires béarnais. Il était d’origine militaire noble. Son grand-père, le capitaine huguenot Pierre d’Aramitz avait joue un rôle fort actif dans les guerres de religion qui sévirent dans le Béarn et la Soule à l’époque de Jeanne d’Albret. S’étant marié avec Louise de Sauguis, fille de noble Louis de Tardets, écuyer et abbé laïque de Sauguis en Soule, il eut trois enfants; Phébus, Charles et Marte, qui devait devenir la mère de Tréville.

Charles, du fait que son aîné mourut en bas âge, devint le chef de famille à la mort de son père. Il entra aux mousquetaires dans la compagnie de son cousin Tréville. Il se maria avec Catherine de Rague, fille du capitaine Jean de Rague, écuyer, abbé laïque de Laruns et seigneur d’Espalungue. De cette union naquirent trois enfants, Henry et deux filles.

Henry d’Aramitz, donc l’Aramis de Courtilz de Sandras et de Dumas, entra à son tour aux mousquetaires en même temps qu’Athos et à l’époque où d’Artagnan arrivait a Paris, c’est à dire en mai 1640. Avait-il préalablement servi comme cadet aux Gardes ? C’est probable si l’on se réfère a la durée de ses services militaires. A ce moment là, Charles d’Aramitz, le père d’Henry, était lui-même maréchal des logis de la compagnie des mousquetaires. Ainsi, auprès de son cousin Tréville et de son père Charles. Henry d’ Aramitz se trouvait vraiment chez lui aux mousquetaires.

 

Hélas de ses campagnes on ne sait rien, sauf “qu’il servit pendant une quinzaine d’années dans les troupes du Roi “. Que devint-il après la dissolution de la compagnie, des mousquetaires en 1646 ? On l’ignore.

Le 16 février 1650, probablement vers la fin de son service, il se maria avec demoiselle de Béarn Bonasse et dut rentrer en Béarn. De cette union naquirent quatre enfants, deux garçons Armand et Clément et deux filles.

Le 22 avril 1654, “estant sur le point de faire un voyage à Paris, ne sachant les événements qui peuvent survenir, considérant que la mort est certaine et l’heure dicelle incertaine’’ il convoque à la maison d’Aramitz le notaire de Barétous et lui dicte son testament (commençant par la phrase précitée) qui avantage sa femme et institue Armand son héritier universel. Il dût revenir de Paris car il assista, avec sa femme, à un mariage en février 1659. Ensuite on perd sa trace et il disparaît des archives connues à ce jour.

 

Vue arrière de l’abbaye laïque d’Aramits avant sa destruction en 1980.

Seul subsiste aujourd’hui le portail près de l’église et de la

Gendarmerie qui a malheureusement remplacé cette bâtisse.