Arette, Novembre 1997

 

Rencontre au pays des mousquetaires

 

L'ÉCHAPPÉE PYRÉNÉENNE DE J.C. KILLY

 

  Le champion olympique de ski, Jean-Claude Killy est venu en ami samedi à la rencontre d'Arette et de Nelson Paillou. Scène de rue samedi à Arette: "Mais lequel c'est Killy?" interroge une mamie. "C'est lui, là, devant à côté de Monsieur Paillou",  lui répond une jeune femme. Alors, la dame voûtée par les ans, qui semble se déplacer avec difficultés, presse le pas et dépasse le cortège pour voir le champion, et son visage s'illumine: c'est bien lui, elle le reconnaît. Lui, le Killy d'avant, qui avait enflammé son coeur de femme en faisant triompher la France, en 68, à Grenoble. Lui, l'artiste des pistes, le gentleman des neiges. Et ici, en Barétous, dans une vallée couchée au pied des Pyrénées et fière de ses sommets, on sait bien que sur les montagnes rebelles, ces médailles-là sont les plus dures à conquérir.

 

KilIy: J'ai dit oui tout de suite

  Alors Jean-Claude KilIy à Arette, c'est un rêve que d'aucuns caressaient depuis près de trente ans et que la réalité a samedi rattrapé, sans le briser. Car le "dieu" d'hier s'est montré tel qu'il est resté dans les mémoires. Dans son costume, la silhouette est restée la même et lorsqu'il plisse ses yeux rieurs et vifs, un sourire à décrocher la lune éclaire son visage avec cette simplicité que seuls les plus grands conservent.

 

  Cela fait quinze mois que j'ai mis Arette et la date d'aujourd'hui sur mon calendrier. Je descendais quatre à quatre les escaliers du Cirque d'hiver quand Nelson me l'a demandé, et j'ai dit "oui" tout de suite... et ma venue aujourd'hui est placée sous le signe de l'amitié a confié samedi Jean-Claude Killy alors qu'il recevait la presse dans la maison de son ami Nelson Paillou, président d'honneur du CNOSF (Comité National Olympique du Sport Français). Car Nelson Paillou, a-t-il souligné, a accompagné superbement la candidature d'Albertville dans le monde entier. Mais la présence de Killy à Arette n'était pas seulement faite, comme il l'a dit de "reconnaissance et remerciements", car la complicité entre les deux hommes, tous deux figures incontournables du sport français, va bien au-delà de la froide relation de travail. Entre Nelson, le "prof", aujourd'hui familier d'Arette où il s'est établi, et Killy le champion de ski aujourd'hui président de la Société du tour de France, leur connivence éclate à chaque instant et tout simplement au détour des mots, des boutades, qui voilent à peine la force de leurs sentiments.

 

Nelson PaiIlou: le successeur de Coubertin

  Il n'a jamais rien demandé, car il a tout fait pour l'amour du sport auquel il a donné sa vie et il a amené le discours du sport à un haut niveau grâce à son expérience extraordinaire. Il est un des hommes que l'on pourrait comparer à Pierre de Coubertin, car c'est un humaniste du sport. C'est aussi un personnage hors du commun, a lancé Jean-Claude Killy, profitant pour cela d'une absence de son ami, qui sinon, ne l'aurait pas laissé finir sa phrase, car il le rabroue sans cesse. Mais ce n'est pas seulement Nelson Paillou, que Killy a retrouvé dans le village Barétounais, Isabelle Mir, la Bigourdane, elle-même ancienne figure de proue de l'équipe de France de ski, était aussi de la partie.

 

  Et il y avait aussi, Gilles Bouilhaguet, préfet des Pyrénées-Atlantiques et surtout ancien directeur national des sports: "Je suis un cousin éloigné, je fais un peu partie de la famille" a-t-il confié; Jean Smith, ancien directeur de cabinet de Nelson Paillou, Annie Inchauspé, secrétaire du président du comité olympique, Antonio Samaranch et Gilbert Garetta, bâtonnier de Pau et surtout vice-président de la Fédération Française de ski. Tous ont traversé à pied Arette devant tout un village intimidé, pour se rendre jusqu'à la salle des fêtes, ou l'on se préparait pour l'intronisation des sportifs. Et Jean-Claude KIIly qui n'avait jamais auparavant poussé ses pas jusqu'en Barétous a promis à la fois de revenir, et de plaider en faveur des stations d'altitude Béarnaises, qu'il n'a pas cette fois eu le temps de visiter: "Nouvel ambassadeur du Barétous, je porterai la bonne parole très très loin et dès lundi à Atlanta"...  Alors, à bientôt Jean-Claude!