HISTORIQUE DES MOUSQUETAIRES

Par LE GRAND HISTORIOGRAPHE

 

 

  Si la célébrité des Mousquetaires doit beaucoup à Alexandre Dumas, il faut cependant savoir que les glorieux personnages mis en scène par le romancier ont un véritable substrat historique que nous allons essayer de résumer. Mais avant cela, il convient de rappeler qu’à partir de 1560, il y eut des mousquetaires dans toutes les armées. Ainsi appelait—on les soldats qui portaient l’arme nouvelle le mousquet. Henri IV avait créé une compagnie de gentilshommes armés de carabines, d’où leur nom de “ Carabins du roi ”. En 1622, L0UIS XIII les ayant dotés du mousquet, en fit des mousquetaires et se proclama leur capitaine. RICHELIEU avait également des mousquetaires dans sa garde personnelle. Ils portaient une casaque rouge, alors que la casaque bleue était réservée au corps d’élite du Roi. Supprimée en 1646, puis rétablie en 1657 par le jeune Roi LOUIS XIV, l’escorte royale fut singulièrement augmentée en 1664 lors de la création d’une 2ème compagnie. Chacune forte de 250 hommes faisait partie de la maison du Roi et le suivait partout veillant à sa sécurité. Sur les champs de bataille, les mousquetaires se couvrirent de gloire notamment ~ Fontenoy (1745) et l’un de leurs capitaines-lieutenant Charles de BATZ, comte d’ARTAGNAN fut tué à  Maastricht en 1673. Parmi tous ces vaillants soldats quatre nous intéressent plus particulièrement puisque béarnais et ayant connu notre vallée, ils ont pour nom et vous le savez TréviIle, Aramits, Athos et Porthos et ont vécu sous le règne de Louis XIII.

 

  Commençons par l’histoire du plus glorieux d’entre eux, Monsieur de Tréville, ou comte de Troivilles, car la carrière des trois autres dépend énormément de la sienne. Oloronnais d’origine, fils et petit—fils de marchands, ne en 1598 de Jean de Peyrer et de Marie d’Aramits, Arnaud Jean du Peyrer, engagé volontaire à 17 ans, se fit  très vite remarquer par son courage et: son habileté aux armes, en particulier au siège de La Rochelle.  Par la suite et après avoir gravi tous les échelons de la hiérarchie militaire, il fit: un riche mariage et reçut a cause de sa bravoure le commandement des mousquetaires en 1634, à peine âgé de 36 ans. Deux ans plus tard, il était. Elevé au grade de maréchal des camps et des armées du Roi, devenant ainsi l’égal  des plus grands seigneurs de la Cour. Mettant à profit cette vertigineuse ascension, il devait changer de nom et devenir le Comte De Troivilles, du nom des terres nobles achetées par son père en Soule. Bien que discrédité par Mazarin, il fit l’acquisition de la Baronnie de Montory et des villages de Laguinge, Restoue et Athérey. Son domaine était immense et il fit construire entre1660 et 1663 d’après les plans de Mansart, le Château qui existe toujours à Troisvilles, propriété de la famille d’Andurain actuellement. Son ambition démesurée le poussa alors à racheter des droits de justice et d’impôts de la Vicomté de Soule. Ceci exaspéra les Basques qui se soulevèrent en 1661 emmenés par un curé, Bernard Goyeneche, plus connu sous le nom de Matalas. L’affaire finit mal pour les insurgés puisqu’ils furent écrases dans la plaine de Chéraute. Il faut reconnaître que cet épisode sanglant entache singulièrement le caractère exceptionnel du glorieux personnage que fut Monsieur de Troivilles, décédé en 1672.

 

  Henry d’Aramits était le cousin germain de ce dernier et était abbé laïc. Né aux environs de 1620, de Catherine de Rague, et de Charles d’Aramits, Henry d’Aramits entra aux mousquetaires en 1640. Si l’on ignore à peu près tout de ses 15 années passées au service du Roi, on sait par contre, qu’il épousa Jeanne de Béarn Bonasse en 1650, dont la famille fut longtemps propriétaire du Château d’Arette. On ne sait pas ce qu’il devint après la dissolution de sa Compagnie, et on ignore même la date et le lieu de son décès.

 

  Dans le village voisin de Lanne, à côté de l’église, une grande demeure carrée aurait appartenu à Porthos alias Isaac de Portau. Plus encore qu’Aramits, ce personnage si vivant dans le roman de Dumas, a laissé peu de traces dans l’histoire. Né à Pau en 1617, d’une famille originaire de Gan, Isaac de Portau était le fils d’un secrétaire général du Parlement de Navarre. Il servit dans les gardes Françaises en 1640 et entra chez les Mousquetaires en 1643. La seigneurie de Lanne lui aurait été attribuée en récompense de ses loyaux services, mais rien n’est moins sûr.

 

  Nous n’avons guère plus de détails sur la vie et la personnalité d’Armand de Sillègue, seigneur d’Athos, près de Sauveterre de Béarn. Si ce n’est qu’il était neveu à la mode de Bretagne de Monsieur de Troisvilles, qui le fit rentrer aux Mousquetaires en 1640, en même temps qu’Aramits. L’ancien château ou demeure familiale a été incendié en 1643. Athos décéda le 21 Décembre 1643, peut-être des suites d’un mauvais coup d’épée reçu lors d’un duel où il prêtait main forte à D’Artagnan, comme le prétendent certains historiens.

 

A la lumière de cet historique, force est de reconnaître que bien que la légende soit plus belle que la réalité, nos quatre Béarnais furent bel et bien d’authentiques héros.